Bienvenue chez les Ursulines

Face aux nombreux déséquilibres du monde qui engendrent conséquemment de nombreux déséquilibres parmi sa population, nous choisissons aujourd’hui d’offrir une histoire d’accueil et de réconfort.

En effet, à L’École des Ursulines de Québec, dimanche le 20 mars dernier, vingt-cinq familles syriennes se sont offert quelques heures de joie et de fraternité. Sous la responsabilité de monsieur Ahmed, des femmes, des hommes et des enfants venus d’ailleurs ont pu finalement renouer avec une certaine dose d’humanité. 

Brûlant depuis longtemps les unes de tous les médias, la crise des migrants bouleverse à chaque jour le quotidien et la morale de tous les occidentaux. Si l’on ne s’en tient qu’aux nouvelles qui nous sont rapportées, si l’on ne fait que soupeser les chiffres effarants de ces exodes qui viennent fracasser toutes les frontières, si l’on en vient à oublier que ces familles qui bougent cherchent d’abord à fuir un enfer, si l’on ne pense plus vraiment avec son cœur, peut-être alors dévions-nous vers l’intolérance et le rejet, ce que n’aurait certainement jamais accepté, notre fondatrice et modèle, sainte Marie-de-l’Incarnation. 

Par ailleurs, s’interroger au Canada sur nos capacités d’intégration et sur les qualités de cette dernière font partie d’une juste réflexion et il est tout à fait normal d’en questionner nos décideurs.

Maintenant, s’il faut chercher des exemples d’une belle intégration et en percevoir ses bénéfiques effets, revenons sur cette opération gentillesse imaginée par notre collègue et enseignant en taekwondo, monsieur Ahmed Ech-Chahedy et toute sa famille.

Les photographies qui accompagnent cette chronique nous en montrent déjà les premiers signes : des visages souriants et d’autres songeurs au moment d’un repas fraternel ; du soccer et du taekwondo pour se changer les idées et se retrouver autour d’une activité commune ; des humains, finalement, en quête d’une vie normale et à la recherche d’un appui.

Un appui pour repartir une nouvelle vie et reprendre confiance en un monde meilleur.

L’École des Ursulines de Québec et Loretteville dénombrait il y a quelque temps l’origine de ses nombreux élèves. Asiatiques, sud-américains, européens, maghrébins et autres enfants de toutes origines constituaient alors et constituent encore la fibre même de notre institution. 

Le caractère international des Ursulines, qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs, a toujours été sa fierté et sa puissance. Qu’on en revienne simplement aux nobles et inspirantes motivations d’Angèle Mérici qui ont poussé un jour cette femme de Tours à venir ici rencontrer et aimer tous les enfants d’Amérique : Aimez vos chers enfants également ; et n’ayez pas de préférence pour l’un plutôt que pour l’autre, puisqu’ils sont tous créatures de Dieu.

Nous attendrons nos premiers syriens…