Couleurs dans la ville

Un passant attentif aurait pu remarquer les petites affiches placées sur la vitre de plusieurs commerces de la rue St-Jean. De petites feuilles où se retrouvaient écrit en majuscules L’École des Ursulines de Québec ; des simples pages blanches, presque discrètes, qu’une citrouille venait coiffer de sa ventripotente présence. À les voir ainsi collées un peu partout, quelque chose se tramait dans l’air, bien évidemment…

Hier, dernière journée d’octobre, un avide lecteur à la recherche du livre idéal à la librairie Pantoute, entend un joli murmure qui grossit soudainement à la vue des beaux gros sacs qui sont tendus par l’employée à une enseignante, madame Véronique, accompagnée des élèves de sa classe. Tout cela se fait très vite. Le soleil d’automne éclaire doucement la scène de cette agitation en traversant la vitrine du commerce : des petites sorcières illuminées, des princesses scintillantes et d’autres joliment costumées poussent de petits cris de joie alors que des clients relèvent la tête en souriant. En quelques secondes, l’affaire est entendue. Les enfants sortent comblés, puis l’enseignante revient  un court instant remercier chaleureusement les généreux donateurs pour leur participation.

Tout cela donne à penser.

Au cœur d’une cité historique, des enfants ont pu laisser aller leur joie et leur candeur, enveloppés qu’ils étaient d’un automne merveilleux auquel ils ont apporté toutes les couleurs de leurs accoutrements.

Ancrée à Québec au XVIIe siècle, L’École des Ursulines de Québec, tout comme le Collège François-de-Laval, continue à offrir ces inspirations colorées que l’on perçoit, ici et là, à chaque jour de la semaine, en voyant un peu partout des enfants en uniforme.

Non seulement la ville est-elle le centre d’une activité grouillante mais encore demeure-t-elle aussi ce puissant vecteur d’une connaissance et d’un savoir toujours vivants apportés d’Europe depuis fort longtemps.

À l’image de ces grandes villes où les écoles prestigieuses prenaient place et vivaient au diapason des capitales, L’École des Ursulines transmet depuis toujours une manière d’être et de penser qui n’en cesse plus d’évoluer. Bien sûr, l’enseignement s’est adapté en devenant plus numérique mais jamais n’a été écarté l’échange véritable entre l’enseignant et sa cohorte. Un contact humain, celui qui se joue dans les regards, est toujours de mise et il se fait à travers la parole, le dialogue et des activités spontanées comme celle qu’ont vécue avec bonheur, le 31 octobre 2016, plusieurs filles des Ursulines.

À bien y réfléchir, l’offre d’une savoir et d’une École, celle des Ursulines, aussi puissamment sertis dans l’histoire du monde est le plus beau témoignage d’instruction qui soit.

Des couleurs d’automne aussi variées que celles de la connaissance embellissent la ville de Québec et les enfants qui s’en accaparent deviendront les artistes de l’avenir.