Radieuse journée

C’est un père enchanté qui nous annonce la stupéfiante nouvelle : Depuis huit ans, dit-il, que nous venons à ces piqueniques pour nos deux filles et il a fait toujours beau ! 

La chose a de quoi surprendre quand on connaît les humeurs extrêmement variables de notre climat québécois. Nous ne voudrions pas ajouter à cet assombrissant constat, mais force est de constater que l’ensoleillement s’est fait plutôt rare depuis les trois derniers mois. Les nombreuses récréations, à l’intérieur dans la cacophonie, et les quelques-autres, à l’extérieur sous des cieux menaçants, pourraient très certainement en témoigner.

Assurément, cette remarque d’un parent tombe à point car, aujourd’hui le 22 juin 2017, lors du traditionnel piquenique de L’École des Ursulines de Québec, le jardin des mères étincelle en cette toute dernière journée scolaire. 

Tous s’amusent ou presque...

Ici et là, au gré des horaires prévues pour chacun des cycles, les enfants les plus jeunes arrivent et se ruent littéralement vers les maquilleuses avant de se rendre un peu partout, dans les jeux et sous les arbres, retrouver leurs parents.  

Sans doute, ces courses effrénées autour des pommiers les préparent-ils pour les nombreux autres sprints de chaque instant qu’ils s’apprêteront à faire, tout au long de l’été, en compagnie de leurs parents habituellement chronométrés à ces allures variables. Histoire de vous mettre en appétit, voici d’ailleurs quelques-unes de ces sympathiques et infernales foulées à prévoir au menu pour les deux prochains mois: manger à la course, voyager à un rythme frénétique, se précipiter d’un endroit à un autre, demander incessamment quand on arrive et demander incessamment quand on s’en va, penser activement au samedi prochain à la plage alors que le samedi d’aujourd’hui n’est pas encore fini. Bref, courir, courir et courir encore...

Il suffit d’observer : les enfants courent toujours, c’est leur seule vitesse. À preuve, même les nouveau-nés sur la table à langer agitent leurs jambes de bas en haut pendant qu’on les change de couche !

Si les élèves des premiers cycles s’évertuent ainsi à perfectionner leur technique en galopant plus qu’il n’en faut, d’autres, particulièrement en 6e année, n’ont pas cette énergie.

À quelques heures de leur départ définitif vers le secondaire, les grandes filles et les grands garçons n’ont pas tout à fait la même dégaine. Si les plus petits crient et s’étourdissent, les plus âgés vont promener leur mélancolie d’un enseignant à l’autre.

Attendant des dédicaces longues et originales, certaines et certains insistent pour que l’enseignant y mette vraiment toute la gomme. En quelques lignes qu’on souhaite nombreuses, il faudra retrouver, dans le cahier-souvenir qu’on regardera plusieurs fois, l’essence et la valeur de tel ou tel étudiant.

Plusieurs autres de 6e qu’on croyait blindés et à l’épreuve de tout épanchent soudainement leur chagrin et versent quelques larmes. À nouveau, les enseignants et les membres du personnel arrivent quand même à trouver les bons mots et les justes accolades. Ainsi, et pour l’un et pour l’autre, et dans toutes les directions, arrivera-t-on avec certains mots à panser les plaies et soulager, un tant soit peu, les humeurs chagrines. Pendant tout ce temps, l’émotion gonfle aussi le cœur des nombreux adultes qui ont partagé leur vie avec tous ces enfants durant plusieurs années.  
Graduellement, le jardin se vide et les élèves quittent. 

Soudainement alors et pressés par le temps, on parvient à l’essentiel en trouvant les mots et les phrases de circonstance : On se reverra, c’est sûr; la terre étant ronde, il est normal qu’on se retrouve à un certain endroit; ta future école est tout juste à côté, c’est impossible que l’on ne se voie pas, reviens nous voir, arrête-toi n’importe quand, etc...

Avec cet autre piquenique qui met en relief le départ de plusieurs étudiants, une autre page vient de se tourner dans la longue histoire de notre institution. 

Sur ces notes chaleureuses et en prévision d’un été qu’on voudrait tout aussi chaud, L’École des Ursulines de Québec et Loretteville souhaite de bonnes vacances à tous ses élèves. Nous disons également à toutes les finissantes et à tous les finissants qu’une partie d’eux-mêmes se retrouvera toujours en nous et que nous espérons l’inverse aussi !