Enseigner toujours

On se souvient d’elle encore très bien. 

Logée au bout du couloir des maternelles, sa classe aimait vivre à son rythme en réagissant ponctuellement aux nombreux sourires qu’elle savait si bien distribuer. Parfois, lorsque son temps le lui permettait, elle s’abandonnait aux plaisirs d’une discussion et s’informait toujours de la vie des collègues qui s’arrêtaient à sa porte, avec le souci et l’attention qu’on retrouve chez une personne qui pense d’abord et surtout aux autres. 

Pendant plusieurs années, à L’École des Ursulines, madame Line Girard aura donné le meilleur d’elle-même afin d’attiser, au tréfonds des centaines d’enfants qu’elle aura vus passer, les iridescentes flammes de la connaissance.  

Et puis, par un beau matin de juin, dans sa classe au bout du couloir, s’est terminée doucement sa carrière d’enseignante.  Avec nulle autre intention que celle de vouloir s’arrêter pour regarder tout autour, madame Line choisissait alors de prendre une autre voie.

C’était il y a trois ans…  

Récemment, des nouvelles nous sont parvenues du Cambodge selon lesquelles madame Line se retrouverait pour y enseigner le français, une langue devenue indispensable en raison d’un afflux touristique bien connu et toujours croissant. Dans son courriel aux effluves romantiques où l’aventure de sa vie s’étale au grand soleil, elle se plaît à nous raconter sa nouvelle vie plutôt exaltante que nous nous empressons de vous relater. 

Depuis le 21 janvier, date de son arrivée en Asie, elle se croit au paradis tellement l’endroit où elle réside, Kep, est tranquille et affranchi de toutes pollutions. Elle habite un hôtel sans aucune prétention où une immense galerie convie l’œil à d’uniques paysages qui charment le cœur; au loin, la mer rutilante s’agite majestueusement en de longs mouvements tranquilles et joliment rythmés.

Membre d’une équipe philanthropique vouée au bien-être de l’humanité et à l’amélioration de ses conditions de vie, elle passe le plus clair de son temps dans une vaste bibliothèque avec une autre femme qui, tout comme elle, se consacre à l’éducation des enfants cambodgiens dont l’âge varie de quatre à seize ans. Bien qu’ils aient leur petite personnalité, ils sont tous très attachants et semblent prendre plaisir aux divers ateliers préparés avec soin par notre ancienne collègue. 

Lorsqu’elle n’enseigne pas, madame Line s’immerge dans ce nouveau pays en faisant la rencontre de personnes chaleureuses et en visitant des endroits inoubliables. Elle se promène maintenant en Tuk-Tuk et mange régulièrement du poisson frais, sans compter ses fréquentes baignades à l’île au Lapin où l’eau cristalline laisse voir un fond de sable sans aucune aspérité et d’une douceur inégalée.

Loin de l’hiver, plaquée par un soleil de feu, aux confins d’un nouveau monde où beaucoup reste à faire, madame Line revoit son itinéraire et sa vie aussi dans cet engagement qui témoigne de sa volonté et de sa compassion.  

Bref, c’est quasiment une renaissance pour cette enseignante qui, visiblement, est toujours animée par la passion d’instruire et de donner.

Quand on a le feu sacré…

Comme deux autres enseignantes de L’École des Ursulines de Québec dont nous parlions dans une précédente chronique, madame Line maintient, haut et fort, le flambeau de la connaissance. Maintenant ailleurs, et très loin, portée au bout d’une aventure à nulle autre pareille, madame Line apporte aux nombreux enfants qui l’entourent la résonnance d’une éducation qui s’insinue et qui grandit un peu plus à chaque jour.

Madame Line, en longeant les classes adjacentes au couloir des maternelles, on pense toujours à vous…