Reconnaissances 2017

Dans les coulisses du Grand Théâtre de Québec, vendredi soir le 2 juin 2017, alors qu’elle s’apprêtait à faire son entrée sur scène, une élève de 6e année s’est autorisé un commentaire qui nous a fait réfléchir. De sa voix douce et cristalline, alors qu’elle arrivait difficilement à surmonter le bruit ambiant, a jailli ceci : Monsieur, il faut savoir vivre ce moment pleinement magique puisqu’il n’arrivera peut-être qu’une seule fois...

Deux jours après cette magnifique soirée qui s’est d’ailleurs déroulée à guichet fermé, les toutes premières idées pour cette chronique s’inspirent précisément de ce moment où une enfant émerveillée est venue résumer en une seule phrase la quintessence de ce qu’a été ce cinquième Gala de la reconnaissance qui aura surpris et étonné tant par sa variété que par son professionnalisme. 

En effet, rare est ce privilège de pouvoir monter sur une scène aussi prestigieuse que celle du Grand Théâtre. Déjà que l’idée de faire partie d’un spectacle peut s’avérer magique à plusieurs niveaux,  l’occasion de pouvoir la réaliser dans des conditions techniques aussi exceptionnelles vient magnifier, en chacun des enfants, la magie du moment qu’ils s’apprêtent à vivre.

Sur les côtés et derrière les rideaux, une agitation de chaque instant permet de mesurer la tension d’un pareil exercice pour les élèves de L’École des Ursulines. Quand ce n’est pas la jeune animatrice qui prend une autre respiration avec des yeux tellement agités qu’on la croirait dans un autre monde, c’est ce comédien qui retourne à sa loge récupérer un élément essentiel qu’il s’était pourtant juré de ne pas oublier; quand ce n’est pas un musicien qui fait les cent pas tout autour en tâchant de se rappeler ce qu’il doit faire, c’est cet autre chanteur qui s’égosille pour retrouver une infime partie de ses sens et de sa voix. À gauche, à droite, en silence rarement mais avec du bruit plus souvent, les élèves arrivent de partout, toujours regroupés et parfois disséminés. Si leur regard est inquiet, le plaisir est patent à la seule différence que, dans la plupart des cas, l’expérience est nouvelle et particulièrement inhabituelle. 

Toute cette fébrilité porte un nom : le trac...

Pourtant, leur première sortie faite, les élèves s’étonnent curieusement de constater que tout se passe beaucoup mieux que ce qui avait été anticipé. Après s’être exécuté, l’un d’entre-eux claironnera d’ailleurs quelque chose qui est vite venu rassurer les autres toute la soirée durant : ce n’est pas si pire que ça, il fait tellement noir dans la salle qu’on ne voit quasiment personne !
Alors, de fil en aiguille, tout en suivant l’ordre des numéros, les élèves vont, viennent et jouent leur rôle de manière exemplaire : Les comédiennes et les comédiens interprètent Molière, Daudet et quelques autres adaptations de Jean-Michel Ribes; les animatrices et les animateurs font leurs enchaînements avec aisance et subtilité; les troupes de chanteurs jouent des extraits de la comédie musicale Annie tandis que les chœurs accompagnent d’autres prestations avec précision; les présentateurs s’assurent de parler franchement en présentant, haut et fort, les divers récipiendaires dans l’un ou l’autre des douze savoir-être du programme international. Même le directeur et les enseignants participent à cette fête de la reconnaissance en chantant, pour l’un, une création d’Yvon Deschamps et, pour les autres, la chanson Tout le bonheur du monde. Sans oublier le groupe de monsieur Bruno, vaguement néo-punk et très actuel avec ses choristes, tout comme celui de monsieur Roby, absolument essentiel à l’atmosphère de cette soirée. Au travers de cette programmation déjà étoffée, des documents vidéo drôles et touchants sur l’unité dans la différence et une réalisation de toute dernière minute réalisée par monsieur Jérémy et intitulée Certaines vedettes sur le tapis rouge.

Bref,  c’est un épanouissement extraordinaire pour toutes et pour tous, une grande reconnaissance du talent que l’on a toujours eu mais qu’on gardait pour soi, de peur de ne pas s’y reconnaître !

Pourtant, une autre reconnaissance est attendue, une très grande celle-là ! 

Alors que monsieur Marc Dallaire, directeur général du Collège François-de-Laval, s’avance au lutrin, accompagné de monsieur Jacques Ménard, directeur-général de L’École des Ursulines, un silence soudainement se fait tout autour. 

C’est que la scintillante bourse François-de-Laval qui est remise à chaque année à un élève de cinquième année n’est rien d’autre sinon qu’ exceptionnelle. Savoir, un an à l’avance, que les frais de scolarité du cours secondaire seront désormais assumés par l’institution qui vous accueillera en septembre 2018 n’est certainement pas chose courante. 

Après avoir fait l’éloge de l’élève pressentie pour cet unique honneur, après avoir expliqué ce que pouvait signifier son prénom, après quelques secondes d’attente interminables, un nom est finalement tombé avec toute sa singularité et sa poésie sonore : Fayrouz Mehdane, Fayrouz Mehdane...

Sous des applaudissements nourris et de nombreux cris d’approbation, la jeune élève aux cheveux noirs et bouclés s’est avancée avec élégance et retenue. Une fois sur la scène, avec en mains un certificat lui garantissant l’offrande, elle s’est alors laissée aller à plus d’émotions. 

Des nombreuses reconnaissances offertes ce soir-là, la plus belle se sera vécue mouillée de quelques larmes. 

Fayrouz est une jeune fille que tous apprécient. Nonobstant ses performances académiques, elle a su développer à L’École des Ursulines, au fil du temps, de nombreux autres talents qu’ils soient oratoire, musical ou dramatique. Cette étudiante de cinquième année fait une rare unanimité autour d’elle. Personne ne peut contester ses qualités ni son amabilité. 

Pour l’avoir personnellement dirigé à quelques reprises, qu’il me soit permis de dire qu’elle ajoutait toujours de la lumière à chacune de ses présences.

Une soirée unique et des reconnaissances dont on se rappellera longtemps !