D’une aventure à l’autre

Ils arrivent accompagnés de leur enseignante pour se diriger vers les places qui leur sont assignées. Si certains se pavanent sourire en coin, d’autres ont un regard songeur alors que s’amorce la toujours très importante soirée des finissantes et des finissants de L’École des Ursulines de Québec. 

Tout au bout du grand gymnase qu’ils traversent, probablement pour une des dernières fois, se trouve l’estrade sur laquelle ils iront recevoir, un peu plus tard, leur diplôme attestant l’authenticité et la valeur de leur belle et grande aventure primaire. 

Un périple instructif qu’aura d’ailleurs fort bien résumé monsieur Ménard, directeur général des deux campus de Québec et Loretteville, en rappelant aux élèves qui s’apprêtent à quitter l’institution de la rue du Parloir qu’ils ont engrangé ici les toutes premières moissons de leurs connaissances. Lire, écrire et compter demeurant essentiellement les pierres d’assises de l’enseignement primaire, il convenait donc de le mentionner et les propos du directeur l’ont fait avec élégance. 

Madame Garneau, directrice adjointe, est venue par la suite répéter les infinies possibilités qui s’offrent désormais aux élèves de 6e année alors qu’ils s’apprêtent à débuter leur cours secondaire.  Confiance en soi et réminiscences heureuses de leur passage aux Ursulines auront marqué son discours prononcé avec sincérité et délicatesse.

Puis les élèves sont montés sur l’estrade.

L’un après l’autre, avec leur démarche et leur tournure, ils ont reçu leur diplôme, posé pour la postérité, accepté les accolades et regardé vers la salle en espérant les regards fiers des parents et leurs soupirs heureux.

D’autres honneurs encore, reliés à des performances hors du commun ou à des comportements exemplaires, ont été accordés et de nombreux récipiendaires s’en sont prévalus : Marie-Louise Duguay, Emma Turner, Pénélope Charland, Janie Huot, Yassin Habimana Ndayizigiye font partie de la longue liste de celles et ceux qui ont été reconnus. 

La soirée s’est achevée avec le dévoilement de la fameuse mosaïque sur laquelle on retrouve, jeunes et souriants, tous les diplômés des quatre classes. Cette année, un montage différent prévaut sur ce tableau ordonné et rectiligne; en effet, pour la toute première fois depuis leur arrivée aux Ursulines, on peut y apercevoir les finissantes et les finissants du Concept Vision.
Quelle image de L’École des Ursulines tous ces finissants, filles et garçons, garderont-ils au plus profond d’eux-mêmes ? Celle d’un heureux temps sans doute : temps des apprentissages, temps des premières amitiés, temps des succès et des maladresses, temps des enseignants inoubliables et essentiels. Tellement de choses, tellement de vie !

Des souvenirs, accrochés aux sens, tels ces cris à la récréation et le bruit des ustensiles sur les plateaux à la cafétéria; d’autres rappels comme ces rigolades à n’en plus finir à la suite des mauvais coups qui faisaient souvent rire mais parfois pleurer; d’autres moments intenses à se promener dans la grande chapelle tout près du tombeau de sainte Marie-de-l ’Incarnation. Tant de souvenirs, mais l’assurance surtout que le plus grand des secrets demeurera secret, enfoui au tréfonds de son être, un secret unique et personnel : le secret de celle et de celui qui aura aimé son aventure à L’École des Ursulines, un voyage inoubliable et authentique.

Une photographie des enseignantes de 6e année accompagne cette chronique. Souriantes en cette fin d’année, elles savent ce qu’il en a fallu d’ardeur et de patience pour mener à bon port les cohortes dont elles ont eu la responsabilité. Par leur manière et leur conviction, ce sont elles qui ont appris aux enfants à aimer leur classe; par leur inspiration et leur engagement, ce sont elles qui ont fait de L’École des Ursulines une institution encore plus belle et encore plus accueillante; par leur présence et leur écoute, ce sont elles qui ont conduit les enfants vers la recherche de leur propre vie. Leur inlassable travail en aura inspiré plusieurs : à preuve, quelques élèves de 6e année ont déjà confié qu’ils aimeraient un jour devenir eux-aussi des enseignants.

Après la soirée, le père d’un des garçons nous a confié que son fils quittait à regret L’École des Ursulines. S’épanchant davantage sur le sujet, il en est venu à la conclusion que le cours primaire imprègne le cœur et l’âme. Il a même ajouté que son fils ne retrouverait sans doute plus jamais la même magie que celle dans laquelle il aura vécu pendant six ans. 

Nous disons au revoir aux élèves qui nous quittent; nous attendrons avec fébrilité leur retour.