Des muses en scène

La classe de 6A a passé avec brio le test de la reconnaissance. En créant sa pièce Les Muses devant parents et amis, les 15 et 16 avril derniers, les élèves de madame Stéphanie ont continué et maintenu un haut degré d’exécution artistique tel qu’il avait été défini, cinq ans plus tôt, sous l’impulsion de Véronique Dussault, alors titulaire.

C’est au café-théâtre Yves Jacques du Collège François-de-Laval, là où tout s’est déroulé, qu’il nous a été permis de constater que le programme en Français enrichi et Arts de la scène commence sérieusement à s’implanter à L’École des Ursulines de Québec, et ce, tant en grâce qu’en qualité.

Cette année, le thème retenu était celui des arts. Si le sujet est toujours imposé, force aura été de constater qu’il s’agissait, cette fois-ci, d’un heureux hasard.

Car, est-il quelque part un domaine plus vaste et plus propice à la liberté que celui des arts?

La réponse à cette question est venue rapidement allumer les imaginations brûlantes des filles de 6A. En remontant jusqu’à la mythologie grecque, jusqu’aux Muses pour être plus précis, elles seront parvenues à concocter un heureux mélage d’informations et d’humour qui en a déridé plusieurs comme il nous a été permis de le constater.

Grâce au généreux support de Jean-Philippe Matte, responsable du centre de production multimédia au Collège François-de-Laval, il a été possible, cette année encore, d’intégrer davantage d’univers virtuels dans la proposition théâtrale des filles de madame Stéphanie.

Un élève aussi, Frédéric, est venu donner un bon coup de main à la régie technique.

De toutes les représentations qui sont jouées, celle qui importe le plus, parce qu’elle est chargée d’émotions, est toujours sans contredit celle faite devant les parents et les amis.

Alors, le 15 avril au soir, après une dure journée passée à revoir les détails et à corriger les nombreux raccords, les élèves de 6A n’attendaient plus que la levée du rideau.

Comme il est d’usage, la salle se remplit allègrement et la représentation commence avec un certain retard. Une fois les spectateurs tous arrivés, la magie prend forme!

La machine à messages, comme se plaît à définir Roland Barthes lorsqu’il nous parle du théâtre, passe alors en mode opérationnel mais surtout tentaculaire: les chanteuses chantent, les interprètes jouent, les techniciennes régissent, les musiciennes éxécutent pendant que le metteur en scène et l’enseignante paniquent.

Quarante cinq minutes plus tard, à la fin, après la chanson et le générique, à la tombée du rideau, tous se retrouvent sur scène pour se faire des calins et se féliciter. Quelques instants après, alors que les filles se retrouvent dans la salle,  c’est au tour des parents de venir caliner et féliciter.

Toute cette énergie entièrement consacrée au bon déroulement du spectacle laisse des traces et chacun est royalement fatigué. En conséquence, la dernière représentation, celle du lendemain, est un peu plus difficile...

Mais, ce n’est jamais aussi difficile que le retour au quotidien, le retour en classe et l’enseignement plus formel qui viendront obligatoirement prendre le relais pour la suite des choses.

Fini le rêve théâtral, finie la vie d’artiste!

Et pourtant, comme le disait le metteur en scène après la représentation, toute cette histoire, toute cette aventure, où chacune avait sa place quelque part dans la machine resteront à jamais gravées, et dans le coeur et dans la mémoire.

Pour conclure cette chronique, la réponse vraie et ressentie d’une des comédiennes, une des Muses, à une singulière allégation du metteur en scène prétendant que ce n’est pas toujours facile de jouer sur scène aussi souvent: pour moi monsieur, ce n’est pas vraiment dur parce que j’aime trop ça!

Si on dit de l’école qu’elle assure la transmission de tous les savoirs, nous pouvons dire du théâtre qu’il assure la transmission de toutes les prises de paroles et de toutes les fonctions créatrices.

À l’an prochain!